Ces actions françaises à HAUT RENDEMENT dont je me méfie

Investir dans les dividendes pour générer des revenus passifs nécessite quelques précautions.

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, mais je voudrais ici le redire et le démontrer d’une nouvelle manière : investir dans les dividendes, n’est pas investir prioritairement pour le rendement !

La recherche du rendement (« haut » ou « fort ») à tout prix peut amener à faire des choix dangereux pour votre portefeuille et mettre à mal l’objectif de gagner son salaire grâce aux dividendes.

Et je le sais d’autant plus que j’en ai fait la triste expérience.

Au début de mon investissement dans les actions à dividendes, la recherche du rendement m’a amené à faire des choix qui se sont révélés inadéquats par rapport à mon objectif de revenus (comme, par exemple, cette action de rendement qui m’a fait perdre 30%).

Le critère qui guide mes choix d’investissement est avant tout la stabilité et la pérennité du dividende à long terme. J’investis dans des sociétés dans lesquelles j’ai confiance dans leur capacité à verser un dividende stable et, si possible, en croissance.

Dans cette optique, je m’attache à investir dans des sociétés dans lesquelles j’ai confiance dans la politique actionnariale et dont le management/la direction fait preuve d’une politique claire en matière de dividendes.

Et, pour moi, dans cette optique, il y a un type de sociétés dont je me méfie : ce sont les sociétés d’Etat ou les sociétés pour l’activité desquelles l’Etat joue un rôle structurant.

J’évite d’investir dans ces sociétés à fort rendement. Voici pourquoi.

Ces entreprises à fort rendement où l’Etat est actionnaire majoritaire ou prépondérant

Parmi ces sociétés, citons des sociétés à fort rendement comme EDF (9,68% de rendement), Engie (8,67% de rendement) mais aussi des sociétés avec des rendements intéressants, comme par exemple Orange (4,48% de rendement).

A mes yeux, ces sociétés sont gérées uniquement et seulement dans l’intérêt de l’Etat actionnaire au détriment des autres actionnaires.

Or, la caractéristique de l’Etat actionnaire, c’est qu’il est schizophrène !

Ou plutôt, qu’il n’a aucune stratégie. Dit autrement, il a autant de stratégies qu’il a de ministères/ministres ! (voir l’article : « Le mythe de l’Etat actionnaire« ).

Sans compter que ces stratégies changent à chaque nouveau gouvernement.

Autant dire que les dirigeants de ces entreprises deviennent des girouettes au service de ces stratégies diverses, fluctuantes et, la plupart du temps, contradictoires. Difficile dans ces conditions d’avoir une stratégie sur le long terme.

L’exemple d’EDF est peut-être le plus symptomatique de cette incurie de l’Etat (due, il faut le dire à l’incompétence de nos dirigeants, en premier lieu le Président !). La société doit répondre à des injonctions aussi nombreuses que contradictoires et néfastes à son activité/développement :

  • Fermer des centrales nucléaires (on pense à Fessenheim) alors même que c’est son outil industriel pour lequel EDF a beaucoup investi et qui constituait une priorité nationale il y a encore 4 ans (ben oui, les priorités ont changé).
  • Investir dans les nouvelles énergies renouvelables à un coût exorbitant
  • Financer l’équipement de ses concurrents en infrastructures renouvelables, et par la même occasion, favoriser le développement de concurrents
  • Maintenir le statut protégé des employés d’EDF et de leurs avantages injustifiés qui ont font des privilèges coûteux
  • Payer les syndicats à travers le Comité d’Entreprise d’EDF (le seul CE de France dont le budget est basé sur le chiffre d’affaires de l’entreprise – à hauteur de 1%)
  • Verser des dividendes élevés pour financer les déficits de l’Etat français
  • Racheter une entreprise (AREVA NV) dont les activités sont éloignées de celles d’EDF.

Je pourrais en rajouter des tonnes, mais j’arrête là.

Cet exemple montre, de manière caricaturale, combien l’Etat français est un « poids » pour EDF.

Je ne conteste pas que l’Etat est légitime dans ce rôle. Je dis seulement (et il faut en être conscient) que l’intérêt des autres actionnaires n’a aucune importance pour l’Etat actionnaire. L’Etat-actionnaire se fiche bien qu’EDF ait une politique de dividende claire et pérenne car il ne le demande pas !

D’ailleurs, vu la situation, on se demande bien pourquoi avoir introduit en Bourse l’entreprise ? Pour plumer les actionnaires et leur prendre leur argent ? Pour rappel, l’entreprise a été introduite au cours de 32 € en 2005 et côte aujourd’hui environ 10 € !!

La raison pour laquelle EDF verse des dividendes élevés est tout simplement parce que le ministre des Finances l’a exigé !! Pour boucler son budget déficitaire.

Et demain : un autre budget, un autre ministre, un autre dividende EDF. Même le PDG d’EDF n’a aucune idée de ce qu’on lui demandera de verser (c’est mon avis). Le Directeur financier semble en avoir assez de jouer les pantins, il est parti !

Voilà pourquoi je n’investis pas dans EDF malgré son fort rendement. Il en est de même d’Engie (où l’Etat est actionnaire à hauteur de 32%).

On peut citer aussi dans la même veine une entreprise comme Orange dont la stratégie est tributaire de nos dirigeants plus soucieux de leurs images que de la bonne santé des entreprises publiques.

Un, deux, trois suicides chez Orange ? Le PDG viré, le Président qui s’en mêle, un plan de recrutement massif engagé alors même que l’entreprise est en sureffectif et que cela va durablement plomber les comptes (à un moment où la concurrence arrive avec Free).

Des dirigeants d’entreprise plus politiques qu’entrepreneurs

Il faut donc bien être conscient que ces entreprises où l’Etat est un actionnaire de poids sont avant tout dirigées par nos dirigeants politiques que par les dirigeants de ces entreprises.

Les PDG, pour rester en place et garder leur place bien au chaud, doivent obéir ou composer avec les injonctions diverses et contradictoires.

Ils doivent leur place plus grâce à leurs « qualités » (ou plutôt « défaut ») politiques qu’à leur qualité de gestion/entrepreneuriales. On est loin des compétences requises pour diriger une entreprise dans l’intérêt des « petits actionnaires » que nous sommes.

Et ce sens de la diplomatie, de la connaissance des arcanes du pouvoir politique mène à la direction des hommes/femmes dont le niveau de compétence laisse à désirer pour diriger une entreprise, anticiper l’avenir.

Le meilleur exemple est peut-être celui du PDG d’Orange qui, parachuté d’un poste de directeur de cabinet ministériel, annonce à son arrivée le maintien d’un dividende à plus de 10% de rendement pour les 2 années qui suivent (un calendrier de dividende à 1,40 € alors que l’action côtait environ 14 €)…incapable de comprendre et d’anticiper la concurrence de Free. Résultat : ce même PDG annonce 6 mois plus tard des résultats en baisse et un dividende…en baisse !!

Je m’en souviens, puisque je me suis fait berné en ayant acheté des actions Orange ! Bien évidemment, l’action s’est effondrée et j’ai dû attendre 4 ans avant de retrouver mon cours d’achat. J’ai alors immédiatement revendu mes actions : on ne m’y reprendra plus !

C’est de cette époque que je ne crois plus aucun dirigeant sur paroles. Tout le monde le sait : les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ! Je m’attache maintenant à valider les paroles des dirigeants par les actes.

Les entreprises d’Etat se fichent des autres actionnaires

Si les dirigeants sont contraints (complices ?) de l’Etat dans leur absence de prise en compte des intérêts des autres actionnaires, certains dirigeants néanmoins essaient tant bien que mal de s’opposer aux visées hégémoniques des dirigeants politiques et de leur main basse sur les entreprises.

Citons ainsi Carlos Ghosn, le PDG de Renault, qui a essayé de s’opposer au « coup d’Etat » (c’est le cas de le dire) que le ministre E.Macron a entrepris pour doubler ses droits (de vote) et ainsi « voler »/« spolier » les droits des autres actionnaires. Malheureusement, en vain ! Une action qui en dit long sur le respect par l’Etat des autres actionnaires.

Entreprises d’Etat : des dividendes élevés, mais à quel prix ?

Attention, je ne dis pas que les entreprises (plus ou moins) publiques sont de mauvais investissements.

En tout cas, pour moi, elles ne me conviennent pas.

Car, avec un actionnaire de poids comme l’Etat, ma vision est qu’elles obéissent aux objectifs fluctuants et contradictoires d’un Etat schizophrène. Les autres actionnaires ne sont pas pris en compte. Quand ils ne sont pas tout simplement « spoliés » ou « volés ».

Au final, le rendement élevé ne justifie pas, à mes yeux, d’investir dans ces sociétés mal gérées (pour dire simplement les choses).

Elles n’offrent par conséquent, aucune visibilité à moyen-long terme sur la pérennité et la stabilité des dividendes.

Or, avant le niveau de rendement, c’est bien cet aspect de pérennité du calendrier du dividende qui m’importe pour atteindre mon objectif de gagner mon salaire grâce aux dividendes.

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