Assurance-vie en euros contre Coca : le match (partie 1)

L’objectif de cet article est de comparer l’investissement dans deux placements différents : un contrat d’assurance-vie en euros et l’action Coca-Cola.

Notre analyse portera essentiellement sur les revenus nets (de prélèvements sociaux et d’impôts) que l’on peut attendre de ces deux placements à horizon 10 ou 20 ans.

Nous évoquerons également la situation du capital à terme, même si cette analyse s’avèrera plutôt hypothétique en raison de l’incertitude concernant l’évolution de l’action Coca-Cola.

Pourquoi comparer l’assurance-vie en euros et l’action Coca-Cola ?

Sur Revenusetdividendes.com, notre objectif est principalement de générer des revenus. Ces deux supports versant des revenus, il n’y a pas de raisons de s’empêcher de comparer ces deux supports sous cet angle des revenus.

Précisons que la nature des revenus est ici différente. Dans le cas de l’assurance-vie en euros, on parlera (ou plutôt les assureurs parlent) « d’intérêts« . Dans le cas de l’action, on parlera de « revenus de dividendes« .

L’idée est ici de comparer l’investissement en assurance-vie en euros avec une des meilleures actions à dividendes du marché (Coca-Cola).

« Si vous cherchez une entreprise formidable, il est difficile de battre Coca-Cola ». Warren Buffet

Pour rappel, l’action Coca-Cola présente les caractéristiques suivantes :

  • Un historique de versement de dividendes impressionnant : 52 ans
  • Des dividendes en croissance chaque année
  • Des dividendes en croissance annuel moyen de 9,33% sur les 10 dernières années (2005-2015)
  • Un rendement brut au 4 Janvier 2016 de 3,13%

Que cherchons-nous à comparer ?

Notre analyse vise à comparer les revenus nets de prélèvements sociaux et d’impôts cumulés à horizon de 5, 10, 15 et 20 ans.

Autrement dit, il s’agit de savoir si un investissement dans l’assurance-vie en euros nous rapporte plus (au total en termes de revenus) qu’un investissement en actions de la société Coca-Cola à ces divers horizons de placement.

Est-ce que le « cadre fiscal particulièrement intéressant de l’assurance-vie » rapporte-t-il plus qu’un simple investissement dans une belle action à dividendes ? Autrement dit : l’avantage fiscal de l’assurance-vie est-il encore intéressant dans l’environnement actuel (taux de rendement historiquement bas) ? Un rappel de la fiscalité de l’assurance-vie est présenté ici.

Cette analyse me paraît d’autant plus saine et salutaire que les médias et les assureurs, en ce début d’année 2016, ne cessent de vanter les mérites d’une assurance-vie qui rapporte plus de 3%. Et ce, « dans un cadre fiscal, particulièrement intéressant ». Dans un environnement avec une inflation égale à 0% en 2015, l’investissement en assurance-vie en euros présenterait une opportunité unique d’investissement (comme cet article du Revenu).

Les hypothèses de calcul

Les hypothèses que nous avons utilisé pour nos calculs sont les suivantes :

  1. L’investissement initial se monte à 10 000 € en Janvier 2016.
  2. Le taux de rendement du contrat retenu est celui considéré comme l’un des meilleurs du marché : le contrat Afer. Ce contrat a versé 3,05% brut en 2015, soit 2,58% net de prélèvements sociaux en 2015.
  3. Nous prenons comme hypothèse que le taux restera identique durant les 10 et 20 prochaines années. Hypothèse plutôt improbable au vu de la tendance actuelle, mais clairement optimiste pour l’assurance-vie.
  4. Nous investissons 10 000 € en actions Coca-Cola dans un compte titres ordinaire le 4 Janvier 2016 au prix de 42,06 $, ce qui nous donne 258 actions (arrondi inférieur) avec un taux de change euro/dollar à 1,088.
  5. Le montant des prélèvements sociaux se monte à 15,5% sur les intérêts d’assurance-vie et sur le compte-titre ordinaires. Le prélèvement à la source des dividendes américains sur compte-titres ne sera pas pris en compte dans la mesure où il fait l’objet d’un crédit d’impôt : pour plus d’informations sur la fiscalité des dividendes américains, voir cet article).
  6. Par souci de simplicité, nous prenons comme hypothèse que les revenus de dividendes de Coca-Cola ne sont pas ré-investis. Cette hypothèse rend notre analyse fortement biaisée par rapport à l’assurance-vie (dans la mesure où les intérêts du contrat d’assurance-vie en euros sont, eux, ré-investis). Cette option a été choisie en raison des incertitudes fortes concernant à la fois le taux de change et le cours de l’action Coca-Cola, a fortiori sur un horizon de 10 ou 20 ans.
  7. Par simplicité, nous avons un pris un taux de change euro/dollar pour la période étudiée identique à celui de janvier 2016 (1,088).
  8. Par prudence, le calcul effectué s’appuie sur un taux de croissance du dividende annuel de Coca-Cola de 5%. Pour rappel, sur les 10 dernières années, ce taux moyen est de 10% !
  9. La fiscalité des plus-values (dans le contrat d’assurance-vie et dans le compte-titres) n’est pas prise en compte. Notre hypothèse ici est basée sur un investissement à long terme pour lequel l’investisseur n’effectue aucun retrait partiel ou total (cas assurance-vie) ou aucun arbitrage/vente (dans le cas d’un compte-titres).
  10. Les revenus de dividendes étant imposés au titre de l’impôt sur le revenu dans le cas d’un compte-titres, nous avons pris 3 cas de figure : un cas bas correspondant à un taux moyen d’imposition (TMI) de 0%, un cas moyen correspondant à un TMI de 20% et un cas élevé correspondant à un TMI de 40%.

Comme vous pouvez le constater, ces hypothèses de calcul sont très clairement à l’avantage de l’assurance-vie : taux de rendement constant, ré-investissement des intérêts et aucun retrait. A l’opposé, les hypothèses de l’investissement en actions Coca-Cola sont très « conservatrices », en particulier : croissance du dividende 2 fois inférieur à celui constaté ces 10 dernières années, non ré-investissement des dividendes.

Au final, quel placement rapportera le plus ?

Ces hypothèses étant posées, voyons le résultat du match assurance-vie en euros contre Coca-Cola.

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